Enjeux électoraux 2019 : ce que les partis ont dit et fait

Remarque : Les renseignements présentés reposent sur l’information connue au moment de la rédaction de cet article. Pour obtenir des renseignements plus récents, suivez les annonces des partis, qui peuvent se faire jusqu’au jour des élections.

Phénix


Bloc québécois
A publiquement appuyé les fonctionnaires fédéraux touchés par Phénix et demandé qu’ils soient dédommagés. Aucune promesse électorale.

Parti conservateur​
N’a jamais assumé la responsabilité de l’implantation imprudente de Phénix, ni de s’être débarrassé de centaines de conseillers en rémunération expérimentés. Aucune promesse électorale.

Parti vert​
A publiquement appuyé les fonctionnaires touchés par Phénix. Elizabeth May a déclaré en Chambre que le gouvernement devrait « poursuivre IBM et demander à nos fonctionnaires de réparer ce gâchis ». Aucune promesse électorale.

Parti libéral​
N’a pas écouté quand les fonctionnaires ont demandé de stopper le déploiement de Phénix. N’a pas encore dédommagé correctement les fonctionnaires pour les préjudices subis. A dit qu’il va éliminer l’arriéré et passer à un nouveau système de paye.

Nouveau Parti démocratique
A soulevé la question de Phénix plus que tout autre parti en Chambre. S’est engagé à réaffecter des conseillères et conseillers en rémunération aux ministères pour résoudre les problèmes directement avec les fonctionnaires; à offrir un dédommagement équitable aux fonctionnaires; à remplacer Phénix par un nouveau système de paye fonctionnel.

Négociations


Bloc québécois​
Appuie les droits syndicaux, notamment le droit de négocier librement et de faire la grève. Est en faveur d’une loi fédérale anti-briseurs de grève.

Parti conservateur​
A l’habitude de geler les salaires, d’annuler les augmentations négociées, de s’attaquer aux avantages sociaux comme les congés de maladie et les régimes de retraite, et de forcer le retour au travail. S’est engagé à transformer les régimes de retraite à prestations déterminées du secteur public en régimes à cotisations déterminées. Le résultat : les fonctionnaires devraient assumer tous les risques et n’auraient aucune idée du montant de leurs prestations de retraite.

Parti vert​
A voté pour les projets de loi en faveur du droit de négocier. A dit qu’il respecterait les employés syndiqués de la fonction publique et le processus de négociation en n’adoptant pas de lois pour forcer le retour au travail. Cependant, les verts ont voté contre le droit de grève en Ontario et ont bloqué des réformes des lois du travail facilitant la formation d’un syndicat en Colombie-Britannique.

Parti libéral
Est plus favorable que les conservateurs aux négociations collectives, mais a forcé le retour au travail de certains travailleurs syndiqués. A refusé de présenter une loi anti-briseurs de grève et refuse toujours d’accorder des conditions de travail justes et équitables à plus de 140 000 membres de l’AFPC dans le cadre des négociations actuelles.

Nouveau Parti démocratique
Est très favorable au droit de négocier et a proposé de présenter une loi fédérale anti-briseurs de grève. S’est toujours opposé au recours à des lois dures pour retirer aux travailleuses et travailleurs le droit de négocier et de faire la grève.

Travail précaire et normes du travai


Bloc québécois​
Est favorable à des normes du travail rigoureuses et s’est inquiété de l’augmentation du nombre d’emplois précaires, mais n’a pas activement réclamé de meilleures normes du travail fédérales.

Parti conservateur​
Quand il était au pouvoir, a gelé l’embauche de fonctionnaires permanents et plafonné les budgets des ministères. Résultat : création d’un nombre record d’emplois précaires. A dépensé plus d’un milliard de dollars par année en sous-traitance (agences de placement temporaire, etc.).

Parti vert​
Appuie l’augmentation du salaire minimum fédéral à 15 $ l’heure, l’intégration au Code canadien du travail d’un minimum de trois semaines de vacances payées par année et de la semaine de travail de 35 heures, et les modifications proposées aux lois sur les normes d’emploi afin de protéger les contractuels et temporaires. Veut abolir les stages non rémunérés qui ne font pas partie d’un programme d’études. Propose d’imposer une taxe aux employeurs qui remplacent les travailleurs par des machines.

Parti libéral
A apporté des améliorations au Code canadien du travail visant les emplois précaires et atypiques. Les conditions de travail seront désormais plus équitables pour le personnel des agences de placement temporaire du secteur privé. Mais le gouvernement embauche toujours beaucoup de travailleurs intérimaires. Veut porter le salaire minimum à 15 $ l’heure, mais n’a rien fait durant son mandat. Compte offrir de bons avantages aux travailleurs saisonniers et adopter des règlements favorables à ces travailleurs dans certaines régions (p. ex., services de type Uber).

Nouveau Parti démocratique
A proposé des modifications au Code canadien du travail, notamment pour : mieux protéger les travailleurs; instaurer un salaire minimum fédéral de 15 $ l’heure; offrir aux travailleurs à temps partiel et aux contractuels les mêmes prestations d’AE qu’aux travailleurs à temps plein; réduire le seuil de qualification à 360 heures pour les prestations de base de l’AE; augmenter le taux de remplacement du revenu de 55 % à 60 %; interdire immédiatement les stages non rémunérés qui ne font pas partie d’un programme d’études.

Enjeux autochtones – Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées


Bloc québécois​
Appuie les mesures prises par le fédéral pour donner suite aux conclusions de l’Enquête.

Parti conservateur​
À la parution du rapport de la Commission d’enquête, Andrew Scheer a déclaré que les conservateurs, s’ils étaient élus, pourraient faire avancer certaines recommandations et mettre en œuvre un plan national de réconciliation. Toutefois, lorsque le parti était au pouvoir et avait la possibilité de faire avancer cette cause, il n’a pris aucune mesure et a systématiquement refusé de lancer une enquête. Aucune promesse électorale.

Parti vert​
Appuie la mise en œuvre des recommandations de l’Enquête et de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Parti libéral
Bien que l’Enquête ait été réalisée pendant le mandat de Justin Trudeau, la communauté autochtone a dû déployer des efforts considérables pour l’obtenir. Tout en sachant que les recommandations du rapport étaient sur le point d’être publiées, le gouvernement actuel n’a affecté aucun financement à ces recommandations dans le dernier budget.

Nouveau Parti démocratique
Propose de travailler en partenariat avec les femmes autochtones, les familles des personnes disparues et assassinées et les communautés pour mettre en œuvre les recommandations de l’Enquête. Prévoit un plan de lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles autochtones ainsi que des personnes LGBTQI2S+ pour que toutes les victimes de violence aient accès à des programmes et à un logement de transition adaptés à leur culture.

Enjeux autochtones – eau potable


Bloc québécois​
S’est inquiété de l’accès à l’eau potable au fil des ans, mais n’est pas particulièrement actif sur cette question.

Parti conservateur​
Quand il était au pouvoir, a peu fait pour résoudre le problème. Le financement accordé pendant deux ans au Plan d’action pour l’approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées des Premières Nations n’a pas apporté de solutions à long terme assurant un accès égal à l’eau potable. Selon le Conseil des Canadiens, on comptait plus d’une centaine d’avis d’ébullition en vigueur par jour dans les communautés autochtones du pays.

Parti vert​
Promet, dans sa plateforme, l’élimination des avis d’ébullition de l’eau, mais Elizabeth May a récemment proposé que la société SNC-Lavalin, au cœur de plusieurs scandales, soit chargée de l’approvisionnement en eau des réserves des Premières Nations. L’accès à l’eau et la santé de ces communautés seraient ainsi gérés par une société motivée par le profit et qui a de nombreux antécédents de corruption et de mauvaise gestion.

Parti libéral
A engagé plus de 2 milliards de dollars pour résoudre les problèmes d’accès à l’eau potable dans les collectivités autochtones, mais les progrès sont lents. Certains avis d’ébullition ont été levés, mais il en reste des dizaines et d’autres se sont ajoutés. A reporté à plusieurs reprises l’ouverture du centre de traitement des empoisonnements au mercure promis à la communauté de Grassy Narrows.

Nouveau Parti démocratique
Propose d’investir pour assurer l’accès à l’eau potable et lever tous les avis d’ébullition d’ici 2021. S’est engagé à considérer le soutien aux programmes de formation en gestion de l’eau et en exploitation des réseaux d’aqueduc comme une priorité urgente. Construirait un centre de traitement et indemniserait les familles de Grassy Narrows touchées par un empoisonnement au mercure.

Garde d’enfants


Bloc québécois​
Veut que la Prestation universelle pour la garde d’enfants devienne non imposable. Ne préconise pas la création d’un réseau universel de services de garde agréés. Aucune promesse électorale.

Parti conservateur​
Pendant son mandat, a abandonné le plan visant à créer un réseau national de services de garde et mis en place la Prestation universelle pour la garde d’enfants, qui est loin de couvrir les frais de garde réels. N’a rien fait pour améliorer la qualité des services et n’a créé aucune nouvelle place en garderie. Aucune promesse électorale.

Parti vert​
Propose un financement fédéral annuel correspondant à au moins 1 % du PIB, plus un milliard de dollars, jusqu’à l’atteinte du seuil de financement recommandé par les instances internationales.

Parti libéral
S’est engagé à long terme à transférer des fonds fédéraux aux provinces et territoires pour la garde d’enfants, mais n’a pas investi suffisamment d’argent et mis en place de mécanisme garantissant des services de qualité, inclusifs, abordables et accessibles partout au Canada.

Nouveau Parti démocratique
Propose d’investir 1 milliard de dollars en 2020 et 10 milliards au cours des quatre années suivantes dans des services de garde publics, abordables et de bonne qualité, ainsi que de créer 500 000 nouvelles places en garderie. Promet également de présenter un projet de loi pour concrétiser son engagement.

Environnement eau


Bloc québécois​
A exprimé des préoccupations par rapport à l’accès à l’eau potable au fil des ans, mais n’est pas particulièrement actif sur cette question.

Parti conservateur
Quand il était au pouvoir, a réduit le budget de Pêches et Océans, de Ressources naturelles et d’Environnement Canada. A fermé le centre de recherche sur les écosystèmes dans la Région des lacs expérimentaux, affaibli les règlements environnementaux, mis à pied les responsables de l’application de ces règlements et muselé les scientifiques. Va aussi lever l’interdiction sur la circulation des pétroliers au large de la côte nord de la Colombie-Britannique.

Parti vert​
Propose de modifier la Charte canadienne des droits et libertés afin d’y enchâsser le droit à un patrimoine écologique comprenant de l’air respirable et de l’eau potable; de mettre en place une réglementation qui protège et améliore la qualité de l’eau; de créer un Fonds canadien de l’eau pour protéger les bassins versants et d’interdire les exportations d’eau en vrac.

Parti libéral
S’est engagé à protéger la qualité de l’eau des Grands Lacs et du bassin du lac Winnipeg et à réduire la prolifération des espèces envahissantes, mais n’a plus d’objectifs mesurables ni d’échéancier. Son engagement à assurer l’accès à l’eau potable est suspect, car il encourage la privatisation des réseaux d’aqueduc municipaux par l’entremise de la Banque de l’infrastructure du Canada. Propose de protéger un quart des terres et des océans du pays d’ici 2023-2024.

Nouveau Parti démocratique
Propose une Charte canadienne des droits environnementaux qui garantirait l’accès universel à l’eau potable et protégerait 30 % des eaux douces et des océans d’ici 2030. S’engagerait à réduire les émissions associées au transport maritime et à la pêche, à prévenir l’acidification des océans, à préserver la biodiversité des océans et à mettre en œuvre une stratégie nationale sur les ressources en eau douce. Veut créer un fonds de 40 millions de dollars qui protégera le saumon sauvage, retirera les navires abandonnés, permettra le mieux nettoyer la côte et améliorera l’équipement et la formation de la Garde côtière.

Environnement  changements climatiques


Bloc québécois​
Veut imposer un contrôle strict des émissions afin de limiter l’augmentation de la température mondiale à moins de 2 °C. Propose une loi émission zéro qui obligerait les manufacturiers à vendre chaque année un nombre croissant de voitures électriques.

Parti conservateur​
Fait une kyrielle de promesses dans son dernier plan, mais sans fournir de détails. Tant pis pour l’environnement : on n’y précise aucune réduction d’émissions et on n’y trouve aucun détail sur la façon de s’y prendre. Comme lorsqu’il était au pouvoir, la lutte contre les changements climatiques n’est pas une priorité. Veut éliminer la taxe carbone et créer un corridor énergétique national pour le transport du pétrole et du gaz. Propose aussi d’éliminer les études environnementales pour les projets énergétiques.

Parti vert​
Prévoit de doubler l’objectif de réduction des émissions du Canada (réduction de 60 %) d’ici 2030; de suspendre tous les nouveaux projets d’exploitation de combustibles fossiles; d’amorcer un virage en faveur des énergies renouvelables non nucléaires tout en modernisant tous les bâtiments au Canada; d’évaluer la création d’un « cabinet de survie » composé de membres de tous les partis pour lutter contre les changements climatiques et déclarer une urgence climatique.

Parti libéral
Tient de beaux discours au sujet des changements climatiques et de l’environnement. A pris quelques mesures importantes (p. ex., tarification du carbone et amorce de l’écologisation du gouvernement), mais a échoué dans le dossier qui compte le plus : l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Durant son mandat, a adopté les objectifs climatiques dérisoires de Harper et était encore loin de les atteindre. Promet maintenant de rendre le Canada carboneutre d’ici 2050, de bannir le plastique à usage unique d’ici 2021 et de planter deux milliards d’arbres au cours des 10 prochaines années. Va poursuivre le projet d’oléoduc Trans Mountain et prévoit que l’impôt des sociétés en cause permettra de financer les énergies vertes.

Nouveau Parti démocratique
Propose un nouvel accord qui s’attaquera de toute urgence aux changements climatiques : adoption d’objectifs plus ambitieux en matière de réduction des gaz à effet de serre afin de stabiliser la hausse des températures mondiales à 1,5 °C; création d’incitatifs fédéraux pour les autos à zéro émission; interdiction du plastique à usage unique; et accès élargi au transport en commun. Maintiendrait la tarification du carbone, y compris les rabais accordés aux ménages.

Soins de santé / Assurance-médicaments


Bloc québécois​
Veut réduire le coût des médicaments d’origine. Ne fait pas la promotion active d’un régime national d’assurance-médicaments et de soins dentaires. Aucune promesse électorale.

Parti conservateur​
Permettrait aux provinces et territoires qui le désirent d’adopter un modèle à l’américaine (mélange de soins de santé publics et privés). Au lieu de mettre en place un régime universel d’assurance-médicaments, se contenterait de combler ce qu’il appelle les « lacunes » du système, en conservant le régime actuel qui aussi inefficace que coûteux. Aucune promesse électorale.

Parti vert​
Propose l’établissement d’un régime universel d’assurance médicaments d’ici 2020 et des soins dentaires subventionnés pour les ménages à faible revenu.

Parti libéral
S’est engagé à collaborer avec les provinces pour établir un régime public d’assurance-médicaments. N’a toutefois pris aucune mesure concrète; les provinces peuvent donc continuer à profiter des échappatoires leur permettant d’instaurer des régimes à deux vitesses. Les services qui sont retirés de la liste des régimes provinciaux ne deviennent accessibles qu’aux personnes qui ont les moyens de payer. Prévoit investir 6 milliards de dollars sur quatre ans pour entamer le dialogue avec les provinces et les territoires sur l’assurance médicaments et l’amélioration des soins de santé.

Nouveau Parti démocratique
Est en faveur d’un programme national d’assurance-médicaments universel et propose d’affecter 10 milliards de dollars par année à sa mise sur pied. A promis de respecter la Loi canadienne sur la santé et de lutter contre toute forme de privatisation et de tarification. Prévoit, entre autres, des soins dentaires publics aux ménages dont le revenu annuel est inférieure à 70 000 $ à compter de 2020; des soins en santé mentale; des soins de la vue et de l’audition; des normes nationales de soins à domicile et de soins de longue durée.

 

September 6, 2019