La Cour suprême des États-Unis fait reculer les droits des travailleurs

L'AFPC se joint aux syndicats du monde entier pour condamner la décision de la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Janus c. l’AFSCME, qui constitue une attaque contre la capacité des syndicats du secteur public d'améliorer la vie des travailleuses et des travailleurs et de leur famille.

L'affaire concernait un employé nommé Mark Janus, qui soutenait qu'il ne devrait pas être tenu de payer des cotisations syndicales même si son syndicat, l'AFSCME, a l'obligation légale de le représenter et malgré les avantages que lui confère sa convention collective.

La décision, rendue à cinq contre quatre en faveur de Janus, infirme une décision vieille de 40 ans de la Cour suprême des États-Unis, qui concluait que la perception obligatoire des cotisations par les syndicats du secteur public pour payer la représentation syndicale n'est pas en contradiction avec la Constitution américaine.

En permettant aux employés du secteur public de se soustraire au paiement des cotisations, la nouvelle position de la Cour ouvre la porte aux profiteurs; ceux qui choisissent de ne pas payer les cotisations recevront tous les avantages que leur apporte le syndicat, tandis que le fardeau financier incombera entièrement à ceux qui acceptent de les payer. Si moins d'employés paient des cotisations, les syndicats devront soit augmenter les cotisations, soit réduire leurs activités, ce qui affaiblira leur efficacité.

« L'affaire Janus était une attaque orchestrée contre des syndicats et soutenue par de puissantes sociétés, comme la National Right to Work Foundation. Et on peut parier que ces mêmes groupes vont lancer une importante campagne pour convaincre les travailleurs de cesser de payer leurs cotisations, maintenant qu'ils ne sont plus obligés de verser leur juste part », a indiqué Chris Aylward, président national de l’AFPC.

L'AFPC a été un chef de file devant les tribunaux canadiens pour promouvoir le droit des travailleuses et des travailleurs d'être représentés par des syndicats et le droit des syndicats de défendre les membres en milieu de travail et à la table de négociation. La Cour suprême du Canada est allée dans la direction opposée à la décision rendue dans l'affaire Janus.

« Le mouvement syndical canadien a réussi à faire valoir que la Charte canadienne des droits protège les droits collectifs comme celui de se syndiquer et de négocier collectivement, mais l'affaire Janus nous rappelle que nous devons toujours rester vigilants devant ceux qui veulent faire régresser les choses », a ajouté le président Aylward.

Ce dernier a aussi exprimé la solidarité de l’AFPC envers les syndicats du secteur public américain, qui doivent consolider l'appui de leurs membres et lutter pour rester forts devant la décision rendue dans l'affaire Janus.

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June 29, 2018
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