Des sondages confirment la nécessité d’indemniser les victimes des ratés de Phénix

Deux sondages menés respectivement par le gouvernement canadien et l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) confirment que les fonctionnaires fédéraux ont subi d’importants préjudices et devraient être indemnisés en conséquence.

Les résultats du Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux, publiés la semaine dernière, indiquent que 93 % des fonctionnaires touchés par les ratés de Phénix ont dû passer des heures, pendant leur temps libre, pour tenter de résoudre leurs problèmes de paye. Dans presque la moitié des cas, il a fallu des jours entiers, et plus de 40 heures pour 14 % des fonctionnaires touchés.

Le sondage mené par l’AFPC a confirmé que Phénix a miné la santé mentale de trois de ses membres de la fonction publique fédérale sur quatre, compromettant les possibilités d’avancement professionnel de la moitié d’entre eux. Certains membres (6 %) ont même été obligés de retarder la date de leur retraite à cause de la débâcle Phénix.

« Phénix a sans contredit eu des effets dévastateurs sur la santé mentale et le bien-être des travailleuses et des travailleurs de la fonction publique fédérale, » affirme Robyn Benson, présidente nationale de l’AFPC. « Ces personnes méritent d’être dédommagées pour le stress et la détresse occasionnés par Phénix depuis deux ans, ainsi que pour le temps qu’ils ont dû consacrer à tenter de régler leurs problèmes de paye. »

« La partie malheureuse est que les plus brillants et les meilleurs sont retenus, » a ajouté Benson. « Personne ne veut changer de position de peur d’être Phénixé. »

Points saillants du Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux

  • Les deux tiers (66 %) des répondants ont dit avoir eu des problèmes de rémunération :
    • 22 % des fonctionnaires fédéraux n’avaient pas reçu leur paye, 34 % n’avaient pas été assez payés, tandis que 18 % avaient été payés en trop.
  • La grande majorité des répondantes et répondants (93 %) ont dû consacrer des heures, voire des jours, pendant leur temps libre, pour tenter de résoudre leurs problèmes de paye :
    • entre 1 et 9 heures (48 %); 10 et 19 heures (18 %), 20 et 29 heures (10 %); 30 et 39 heures (4 %); plus de 40 heures (14 %).

Principales conclusions du sondage de l’AFPC :

  • Plus de 8 membres de l’AFPC sur 10 (82 %) ont eu des problèmes de paye et 2 sur 10 (18 %) ont connu de graves difficultés.
  • Les trois quarts des membres affectés par Phénix (76 %) ont affirmé que les ratés de Phénix ont eu des répercussions négatives sur leur santé mentale :
    • dans plus de 6 cas sur 10, dans leur vie personnelle et sur leur capacité de travailler.
  • La moitié des membres touchés par Phénix ont affirmé que ces problèmes ont eu une incidence sur leur parcours professionnel :
    • 25 % ont retardé une mutation ou la poursuite de nouvelles possibilités de carrière;
    • 24 % ont évité de demander un congé;
    • 20 % n’ont pas accepté d’affectations intérimaires.

Sondage en ligne d'Environics Research auprès de 2 053 membres de l'AFPC commandés par l'AFPC avec une marge d'erreur de plus ou moins 2,2 points 19 fois sur 20.

 

April 11, 2018
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