Phénix : Un rapport d’experts-conseils donne raison au syndicat

Dans un rapport publié récemment, la firme Goss Gilroy Inc. confirme les inquiétudes soulevées par l’AFPC avant le déploiement du système de paye Phénix. On y lit, entre autres, que « les décisions étaient prises en dépit des mises en garde données par les représentants syndicaux ».

Comme l’explique Robyn Benson, présidente nationale de l’AFPC : « le rapport dit clairement que l’ancien gouvernement conservateur a commis une grave erreur en éliminant les postes de conseillers en rémunération. Rien ne justifiait le licenciement d’un aussi grand nombre de personnes. »

Des avertissements confirmés

Plusieurs des conclusions contenues dans ce rapport font écho aux avertissements lancés par l’AFPC bien avant le déploiement de Phénix.

Voici certaines des « leçons » qu’il faut tirer de cette expérience, selon Goss Gilroy :

  • Faire participer les intervenants : le rapport révèle qu’on n’a pas consulté les conseillers en rémunération. Pourtant, ces derniers connaissent le travail, les syndicats et les ministères touchés.
  • Établir une fonction proactive pour une surveillance indépendante efficace; écouter les préoccupations : comme l’indique le rapport, la culture au sein du gouvernement n’encourageait pas les gens à parler ouvertement de leurs préoccupations. Le gouvernement n’écoutait pas non plus les avertissements lancés par d’autres organismes, dont l’AFPC. À moins de changements dans la culture, le gouvernement continuera de répéter les mêmes erreurs que celles qui ont mené au fiasco Phénix.
  • Ne s’attendre à des épargnes que bien après la mise en œuvre : le gouvernement avait une motivation politique : réaliser des économies sur-le-champ. Cela a mené au licenciement de plus d’un millier de conseillers en rémunération et à l’échec de Phénix.
  • Mettre à l’essai la solution technologique avant le lancement : l’AFPC a averti le gouvernement à plusieurs reprises de déployer Phénix un ministère à la fois et de régler les bogues les uns après les autres.
  • Déterminer et établir la capacité requise avant le lancement : le gouvernement aurait dû embaucher davantage de conseillers en rémunération avant le déploiement de Phénix. Il aurait pu ainsi régler les problèmes au fur et à mesure.

Ne pas reconnaître l’expertise des conseillers en rémunération

Deux autres constats ressortent du rapport : le licenciement des conseillers en rémunération était prématuré et le fait que ceux-ci n’ont pas été consultés.

« Même si les éliminations de postes peuvent avoir été motivées par l’urgence de réaliser les économies prévues pour l’initiative, avec un peu de recul, on constate que l’on a eu excessivement confiance dans la nouvelle solution de TI pour la paye et que l’on a gravement sous-estimé le rôle nécessaire à jouer par les conseillers en rémunération pour veiller à ce que les employés soient payés avec exactitude et à temps. »

Leçons tirées de l’initiative de transformation de l’administration de la paye

Épargner à tout prix

Le gouvernement était obnubilé par les économies et les échéanciers et ne se souciait pas trop des répercussions sur ses employés. Par exemple, il n’a jamais envisagé la possibilité que les fonctionnaires pourraient ne pas être payés.

« Ils n’ont pas pensé au facteur humain, déplore Robyn Benson. Le gouvernement doit tirer les leçons qui s’imposent, arranger Phénix et tout faire pour que ce genre de fiasco ne se reproduise plus. »

 

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October 5, 2017
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