Le budget 2017 et les peuples autochtones

femme autochtone

Dans son budget 2017, le gouvernement fédéral prévoit 3,4 milliards de dollars sur cinq ans pour les communautés autochtones.

Cette somme servira à financer et à soutenir les Premières Nations dans des domaines comme le logement, les infrastructures, l’éducation, la formation, les services de police et la santé. Le budget prévoit aussi des fonds visant à préserver, à revitaliser et à renforcer les langues autochtones.

Voici certaines des mesures annoncées :

  • 8,6 millions de dollars sur quatre ans à Affaires autochtones et du Nord Canada, à compter de 2017-2018, pour soutenir le développement de l’industrie touristique autochtone du Canada;
  • 90 millions de dollars supplémentaires sur deux ans pour le Programme d’aide aux étudiants de niveau postsecondaire, à compter de 2017-2018, afin d’appuyer les étudiants autochtones;
  • 50 millions de dollars en 2017-2018 pour la Stratégie de formation pour les compétences et l’emploi destinée aux Autochtones (SFPEA);
  • 39,2 millions de dollars en 2017-2018 pour offrir des services de gestion de cas aux jeunes qui vivent dans les réserves.

Eau potable

En ce qui concerne l’accès à l’eau potable dans les réserves des Premières Nations, le document budgétaire soutient qu’il y a actuellement « 201 projets en cours qui mèneront à l'élimination des avis [d’ébullition] à long terme qui restent d'ici mars 2021 ». Selon Affaires autochtones et du Nord Canada, il faudrait plus de 8 milliards de dollars pour régler les problèmes d’eau potable dans les communautés des Premières Nations. Les sommes prévues dans le budget à cet effet sont bien inférieures.

Les investissements annoncés sont insuffisants. Attendre encore quatre ans pour avoir de l’eau potable, c’est beaucoup trop long.

Dans le cadre de la campagne Soif de justice, l’AFPC et les Premières Nations exigent que les communautés autochtones aient accès à de l’eau potable. L’accès à une eau potable propre, tant pour boire que pour se laver, est une nécessité absolue. Il est aberrant que ce droit fondamental soit refusé à tant de communautés autochtones.

Le gouvernement doit :

  • prévoir suffisamment de fonds et de ressources pour la mise en place des infrastructures publiques d’approvisionnement en eau nécessaires;
  • soutenir la formation et la certification d’opérateurs de systèmes d’aqueduc choisis parmi les membres des Premières Nations;
  • mettre en place des procédés de traitement de l’eau plus efficaces, garantis par le gouvernement fédéral;
  • s'assurer que les Premières Nations possèdent l’information et la formation nécessaires pour prendre des décisions éclairées concernant le traitement de leur eau.

Éducation

Le budget prévoit 90 millions de dollars pour l’aide aux étudiants de niveau postsecondaire des Premières Nations, mais n’accorde aucun financement supplémentaire pour les écoles primaires dans les réserves en sus des 2,6 milliards de dollars sur cinq ans annoncés dans le dernier budget.

Les enseignants des communautés des Premières Nations ont moins de ressources que leurs homologues provinciaux. C’est injuste pour les enfants autochtones, qui méritent une éducation de qualité.

Dans un rapport récent sur l’éducation dans les réserves des Premières Nations, le directeur parlementaire du budget (DPB) estime « qu’à moyen terme les nouveaux investissements consentis dans le cadre du budget de 2016 pour les dépenses du programme d’éducation pourraient commencer à s’attaquer au déficit de financement pour les écoles administrées par les bandes ». Le DPB ajoute toutefois que cela dépendra de la façon dont ces fonds seront attribués.

L’AFPC continuera de revendiquer un système de financement équitable pour les écoles des Premières Nations.

Services de police des Premières Nations

Le budget prévoit un investissement de 81,6 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2018-2019, pour répondre aux besoins les plus pressants des services de police autochtones. Il ne propose toutefois aucune mesure pour répondre à leurs besoins à long terme.

L’AFPC représente plusieurs policiers des Premières Nations et préconise un financement stable qui permettra aux services de police de savoir de quel montant ils disposent chaque année.

En Ontario, il faudrait investir massivement dans les infrastructures des Premières Nations pour que leurs services de police soient sur un pied d’égalité avec leurs collègues des autres corps policiers. En outre, les salaires et les avantages des policiers des Premières Nations sont bien en deçà de ce à quoi leurs homologues provinciaux ont droit. La plupart d’entre eux travaillent seuls dans des communautés éloignées, où les renforts peuvent prendre des jours à arriver. Leur sécurité est constamment menacée.

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April 18, 2017
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